Vers une reconversion professionnelle réussie...

Arnaud, loin de la calculatrice et du costume gris

Arnaud - portrait

 



Après 11 ans d’expérience en comptabilité / finance, Arnaud a voulu élargir son cercle de compétences. Il est devenu recruteur 360 dans le domaine de la finance. Ceci lui a permis de développer des compétences humaines mais aussi business et ventes, sans s’éloigner d’un domaine comptable qui lui plaît toujours.
Entretien réalisé le 26 avril 2020
Quel parcours avez-vous suivi au moment de vos études ?
Arnaud : Quand j’avais 16 ou 17 ans, je n’avais vraiment aucune idée de ce que je voulais faire ou quelles étaient mes forces, donc je ne me suis pas pris la tête, j’ai fais comme mon frère. Il a 8 ans de plus que moi et il avait une très belle carrière en comptabilité, en ayant juste son bac. J’ai décidé de carrément faire le master de l’ordre des experts comptables de France, qui s’appelle le DSCG. C’est un diplôme très difficile à avoir, selon moi c’est un concours déguisé avec un taux de réussite national d’environ 15%. J’ai fait tout le parcours en alternance, en 4 ans après un BTS Compta, ce qui me permettait de financer mes études, ne venant pas d’une famille aisée. Non seulement je n’avais pas à payer les 5700€ / an mais en plus je recevais 1300€ de paye nette non imposable en dernière année de Master. Et en plus je me faisais une expérience professionnelle. J’ai adoré.
La comptabilité me correspondait bien, j’ai découvert que j’avais un esprit super logique.
J’ai commencé mon alternance dans un gros cabinet, leader auprès des artisans. J’y ai beaucoup appris mais d’un point de vue humain, il y avait des comportements qui me dérangeaient.
Au bout d’un an, j’ai changé, j’ai rejoint un grand groupe, toujours en alternance. Il y avait une très bonne ambiance de travail et j’ai pu y découvrir d’autres façons de faire de la comptabilité. En cabinet d’expertise comptable, on gère entre 10 et 20 sociétés dans différents secteurs d’activité et pour lesquelles on doit faire les états financiers, c’est très formateur. Par contre on n’est pas impliqué dans la gestion d’entreprise.
En entreprise, on doit faire les prévisions de budgets, aller chercher des crédits d’impôts, mettre en place des processus, implémenter des logiciels, intégrer des salariés, etc… donc beaucoup plus de tâches diverses. Par contre au niveau des états financiers, au lieu d’en faire 20 par an, on en fait un seul mais souvent plus gros. Je ne faisais pas encore toutes ces tâches dans ce groupe, étant apprenti mais je les ai faites ensuite dans des PME. En PME on a aussi plus de polyvalence que dans une grande structure.

Je m’entendais vraiment super bien avec ma chef.
Arnaud Bulle
Pour moi l’environnement de travail a toujours été le plus important.
Par contre, c’était plus relax et j’avais quand même encore l’envie de me challenger comme en cabinet, l’envie de pression.
Au bout d’un an, je suis retourné en cabinet, à Trappes. Cette fois-ci il s’agissait d’un cabinet familial, on était une douzaine. J’y suis resté deux ans, j’y ai terminé mon master en alternance.
J’ai fini mon alternance, passé mes examens puis obtenu mon diplôme en décembre 2012.
Quels ont été les avantages et inconvénients de l’alternance selon vous ?
Arnaud : L’alternance était une difficulté supplémentaire pour l’obtention du diplôme car au lieu d’avoir 25 à 30 heures de cours par semaine, je n’en avais que 18h en moyenne, pour passer le même diplôme national. Les cours vont donc beaucoup plus vite et il faut fournir l’effort supplémentaire en dehors pour tout comprendre. Par contre, au moment de rechercher un premier emploi après le diplôme, on vaut déjà beaucoup plus que la moyenne sur le marché. C’est un vrai atout.
Vous avez donc obtenu votre premier emploi à temps plein…
Arnaud : J’ai d’abord eu un contrat de 3 mois en France dans une compagnie en Bâtiment-Manutention.. J’y ai remplacé une comptable en congé maladie. Ça a été très difficile car en 2 mois j’ai dû rattraper le retard et donc faire l’équivalent de 6 mois de comptabilité plus la clôture de compte plus l’audit. Ça s’était très bien passé et le gérant voulait me prendre en tant que son bras droit à la direction mais j’avais pour projet de partir au Canada. Donc j’ai refusé l’offre.
Comment s’est concrétisée votre envie d’expatriation ?
Arnaud : MontréalEn avril 2013, je suis arrivé à Montréal, avec un permis Vacances Travail d’un an. Ma démarche était avant tout une expérience personnelle, je n’avais pas de gros objectifs professionnels en tête mais je voulais quand même rester en comptabilité. J’ai créé des profils sur toutes les plateformes de recherche d’emplois et c’est finalement grâce à un réseau de français au Canada (https://pvtistes.net/) que j’ai trouvé mon premier poste, très rapidement. La RH était française et avait toujours eu de bonnes expériences en embauchant des français.
Est-ce qu’il s’agissait d’un gros changement professionnel ?
Arnaud : Je m’attendais à ce que la comptabilité soit très différente en Amérique du Nord et finalement l’adaptation a été assez simple. Il y a des choses qui changent mais les principes sont les mêmes. J’ai été accompagné pendant 3 semaines par la fille que je remplaçais et à son départ j’étais opérationnel sur tout le poste. Mon parcours en cabinet m’avait bien préparé. En France, l’environnement comptable est encore trop vu comme le gars (alors qu’en fait c’est un secteur très féminin) en costume gris, avec sa calculatrice dans son coin. Au Québec, c’est plus mixte et l’ordre des comptables professionnels agréés a fait beaucoup d’effort en communication pour rendre ce métier plus attractif, plus orienté business et accompagnement d’entreprise.
J’ai commencé en étant sous-payé par rapport au marché comme c’était ma première expérience au Québec. J’ai eu des augmentations tous les 6 mois et je devais avoir une promotion en tant que contrôleur financier. La promotion tardait à venir, la charge de travail avait plus que doublé suite à des acquisitions et des licenciements. Cela faisait près de 2 ans que j’y étais, entre temps j’étais passé en statut Jeune Professionnel qui est un autre permis de travail. Mon salaire et mon titre n’étaient plus cohérents par rapport à tout ce que je faisais, j’ai annoncé que j’allais chercher ailleurs et que je partirais dès que je trouverais.
Le directeur avait beaucoup apprécié mon honnêteté et j’avais pu négocier l’accès à une salle de réunion pendant une heure par jour maximum pour passer des entrevues ; en contrepartie j’avais une augmentation de salaire et j’acceptais de rester au moins quelques semaines pour former le nouveau contrôleur financier. Le fait d’avoir du temps m’enlevait du stress, et comme on dit dans le recrutement « Les bons candidats sont en poste » donc le fait d’être encore employé au moment de chercher augmentait ma valeur sur le marché.

New YorkJ’ai trouvé une opportunité à New York, dans une compagnie française en TI qui venait de s’installer aux Etats-Unis et qui m’a offert un contrat en VIE (Volontariat International en Entreprise) d’un an et demi. En tant que français de moins de 28 ans, c’était une solution qui s’offrait à moi. Après plusieurs entrevues et démarches administratives auprès de l’ambassade des Etats-Unis en France (avec un retour d’1 mois en France pour travailler dans cette entreprise), je suis arrivé à New York en Mars 2015 pour gérer toute la comptabilité de 2 filiales : USA et Canada.
Je dépendais directement du directeur financier et mon premier mois a été très difficile car mon chef était super intelligent mais aussi exigeant. Il aurait voulu que je sois opérationnel immédiatement mais en comptabilité il y a nécessairement une phase de découverte des processus de l’entreprise. Donc au début je l’ai très mal vécu alors que finalement il a été le meilleur manager que j’ai jamais eu. Il a appris à me faire confiance et on avait une relation très honnête et très directe où chacun appréciait le travail de l’autre.

Avant de partir à New York, j’avais lancé les démarches pour obtenir la résidence permanente canadienne. J’ai reçu la lettre m’informant que je l’avais obtenue et, au mois d’Août, quand je suis allé à Montréal pour la valider, j’ai eu des grosses complications à la douane. Je risquais de voir ma résidence permanente annulée et d’être interdit du territoire pendant 5 ans car apparemment je n’avais pas le droit de vivre et travailler aux Etats-Unis pendant que j’attendais ma résidence permanente canadienne. J’ai passé un mauvais moment mais la douanière a compris ma bonne foi et m’a laissé jusqu’au mois de décembre pour régulariser ma situation. Je ne voulais pas mettre en péril mon projet canadien. Cela signifiait donc que je devais rompre mon contrat de travail, après moins d’un an. Citoyenneté canadienneMais la compagnie dans laquelle je travaillais avait aussi un bureau au Canada que je gérais depuis New York. J’ai donc pu négocier avec eux d’être muté à Montréal. Comme j’avais déjà bien dématérialisé la comptabilité de manière à ce qu’elle puisse être faite de n’importe où, ils ont accepté et je suis arrivé en Novembre, avec un contrat canadien mais sans rien changer quand au périmètre comptable que je gérais : USA et Canada. Je suis resté dans cette compagnie car il y avait une très bonne ambiance et chaque année il y avait un nouveau challenge pour moi. J’avais pris des responsabilités à Montréal, notamment autour de la direction administrative du bureau.
En 2016 on a eu le projet d’introduction en bourse qui devait se finaliser. J’ai donc du rendre des états financiers audités rapidement sans toutefois participer à la valorisation de l’action qui était gérée par la direction.
En 2017, on a implémenté un nouveau logiciel, un gros ERP sur lequel je travaillais.
En 2018, on a officiellement mis l’ERP en production avec toutes les complications qui vont avec. À la fin de l’année on a pu faire la clôture comptable sur ce nouvel ERP et c’était une satisfaction de pouvoir finaliser la clôture proprement sur ce nouvel outil.
En 2019, je ne voyais pas quel pourrait être mon prochain challenge.
Mon manager me voyait sur un poste plus élevé compte-tenu de la qualité de mon travail et lorsqu’il a démissionné je me suis dit qu’il était temps de chercher un nouveau défi.
Un changement d’entreprise mais pourquoi aussi un changement de métier ?
Arnaud : Deux amis différents m’avaient dit « Tu as un bon relationnel, pourquoi tu ne fais pas du recrutement ? ». Ils étaient eux-mêmes recruteurs, un en France et une au Québec. C’est vrai que j’aime beaucoup les gens en général, je me suis dit « Ah pourquoi pas ? Ça pourrait être cool d’avoir le côté humain. » Par contre je ne voulais pas juste faire recruteur interne, je voulais avoir le côté business. J’ai commencé à rechercher des postes de recruteur 360, c’est à dire des recruteurs qui doivent aussi aller chercher des comptes clients. J’avais ciblé tous les cabinets de recrutement du centre-ville de Montréal et je les ais tous contacté par email. Ça m’a pris une heure et j’ai eu 4 entrevues. En fait, mes compétences techniques métiers étaient un atout. C’était selon eux un grand avantage pour comprendre les besoins du client et aussi pour recruter des bons candidats. J’étais surpris de la facilité.
Je ne m’étais pas spécialement lassé de mon métier, c’est juste que je le faisais depuis 11 ans, et je me suis dit « pourquoi pas apprendre autre chose ?
J’étais vraiment attiré par développer de nouvelles compétences, avec le côté business et le côté relations humaines. J’aimais le challenge que cela représentait, j’avais envie de m’essayer ailleurs.
Je m’étais toujours dit « Je ne vois pas pourquoi on ferait un seul métier dans toute sa vie ! »
Je suis le genre de personne qui n’apprend pas spécialement vite mais par contre j’apprends en profondeur jusqu’à le maîtriser et l’améliorer. J’avais confiance en mes capacités à ce niveau-là.
C’était à la fois une reconversion et à la fois ça restait dans une continuité par rapport à mon domaine. Se déplacer d’un client à l’autre, c’est une super opportunité pour découvrir pleins d’entreprises et leur fonctionnement en très peu de temps.
Je suis quelqu’un de très curieux. Si on n’était pas trop jugé sur le CV à la stabilité, ça ne me dérangerait pas de faire 10 métiers dans ma vie.
Je suis curieux de savoir ce que font les gens de leur journée des fois.

Dans cette reconversion, je voulais absolument un manager pour m’accompagner. C’est ce qui a aiguillé mon choix et je suis donc arrivé dans une petite agence de placement qui créait une division Finance/comptabilité depuis 5 mois, donc avec zéro client attribué à mon portefeuille.
Tout s’est passé très vite. Entre mes premiers envois de CV et la signature de l’offre, il s’est écoulé un mois environ. Juste le temps de finir la clôture de comptes dans mon ancienne compagnie et je commençais mon nouveau poste en Juin 2019.
Quelles difficultés avez-vous rencontré dans ce nouveau métier ?
Arnaud : Comme prévu dans cette agence, mon manager m’a beaucoup accompagné, on a fait beaucoup de simulations commerciales ensemble, apprentissage de techniques de vente. Il m’emmenait avec lui à ses rendez-vous clients. J’ai assez rapidement réussi à décrocher mes propres rendez-vous dans lesquels il venait avec moi et dans lesquels je devais leader.

C’était très difficile. J’avais beau avoir déjà géré beaucoup de choses (finance, achats, personnes, processus, etc.) dans mes expériences précédentes, c’est vraiment autre chose de vendre un service à quelqu’un qui ne t’a pas forcément demandé de passer par tes services.
J’avais beaucoup de pression au début. Avant mon premier rendez-vous client je n’ai pratiquement pas dormi de la nuit, j’étais stressé.
Ce qui était dur dans la reconversion c’est de perdre tout un statut d’un milieu dans lequel tu as un master, pleins d’expériences et dans lequel tu es valorisé et puis là, du jour au lendemain, on s’en fout et tu as l’impression de revenir 10 ans en arrière.
Ça, ça a été dur quand même.

Mais grâce à mon manager, en 6 semaines j’ai vraiment acquis de belles compétences et j’étais pas mal opérationnel au niveau de mes rendez-vous. Par contre cela a été 6 semaines intenses et mon Manager m’a annoncé son départ pour rentrer en France, avec un préavis de 2 semaines. Un autre collègue m’a généreusement conseillé sur mes techniques de recrutement et de vente tout au long de l’année et cela nous a beaucoup rapproché. Les émotions vécues dans ce métier créent du lien au sein de l’équipe lorsque l’entraide est de mise. Dans certaines équipes commerciales cela peut être complètement l’inverse, mais dans cette agence il y a une réelle entraide qui nous soude.

En comptabilité, quand je sortais du boulot je n’avais plus besoin de réfléchir au travail. Tout était planifié et je pouvais débrancher quand je rentrais à la maison. Je ne parlais jamais de mon travail, même avec mes amis. Je n’étais pas stressé même si j’avais pleins de choses à faire. Dans le recrutement en agence sur une création de division, tu arrives le matin tu n’as pas de candidat, pas de client et tu dois organiser ta journée. C’est dur d’organiser son temps quand on est face à rien. C’est difficile d’entreprendre une action car il faut qu’il y ait un équilibre entre le démarchage de clients et le démarchage de candidats. Si tu n’as pas cet équilibre tu peux vite perdre ta réputation sur le marché. Nous devions monter une division finance dans cette entreprise qui n’avait jamais recruté en finance avant. Au début je ne savais pas comment gérer mon temps parce que je n’avais pas de tâches définies. La veille j’organise ma journée du lendemain. Parce que si j’arrive au bureau le matin et que je ne sais pas ce que je vais faire, c’est dur de se lancer. C’est aussi un métier où il est important de rester motivé. Donc il faut se mettre des objectifs à la semaine, des chiffres au mois. Par exemple, pour rentrer tant de marges, combien de candidats je dois embaucher et pour ça combien de candidats je dois rencontrer. Les KPI peuvent aussi devenir un frein et je conseillerai toujours de miser plus sur la qualité de son travail que sur des KPI. C’est pas mal de pression parce qu’il y a des cabinets concurrents qui ont déjà une division recrutement finance depuis plusieurs années et qui ont forcément une très grosse base de candidats. C’est un autre aspect du métier que j’aime moins aussi, ce côté compétition. Nous nous sommes différenciés par notre qualité de suivi à défaut d’avoir l’historique et la quantité.
Et qu’est-ce qui, au contraire, vous a vraiment plu ?
Arnaud : J’adore les rendez-vous clients. C’est ma partie préférée, le business. Je suis très à l’aise. J’ai tellement bien été accompagné par mon manager au début que maintenant je vais n’importe où les yeux fermés, je suis confiant. Je sais que ça va forcément bien se passer, je sais comment créer du lien. C’est important d’avoir la structure du rendez-vous dans sa tête. Quand j’arrive en rendez-vous client j’ai appris les 100 premiers mots de mon discours par cœur. C’est ma présentation de base, ça me permet de passer le stress éventuel des premières secondes. Et après ça j’essaye de créer du lien, de la sympathie, de m’intéresser à la personne en face mais aussi d’être capable de parler de moi pour créer une proximité.
 
Le côté « ancien comptable » aide énormément en rendez-vous, les clients me donnent beaucoup de crédit.

Je suis moins convaincu de l’avantage que ça m’apporte pour recruter des candidats. Mais pour les clients, c’est sûr que ça me permet de rentrer plus dans le détail de leurs besoins, je leur fais même des suggestions.
J’ai quasiment atteint les performances d’un senior sur mon premier trimestre.
Après ça a baissé un peu mais j’ai tout de même ouvert de gros comptes clients et trouvé de beaux mandats à mes candidats.
Vous avez opéré ce changement il y a presque un an, c’est l’heure du bilan ?
Arnaud : C’est un métier qui te prend beaucoup sur tes émotions, je trouve. Quand on fait de la prospection on n’est pas toujours bien reçu. Il faut savoir accepter l’échec et ne pas s’arrêter dessus. Il faut rester motivé, penser à ses bons coups.

Il m’est arrivé de passer 30 appels et sur ces 30 appels de ne pas pouvoir parler à une seule personne. Et à côté de ça, il y a aussi des vrais moments de satisfactions d’avoir placé la bonne personne au bon endroit.

J’ai adoré améliorer mes compétences en recrutement et en business. Pour autant aujourd’hui je ne suis pas super satisfait de ce métier. Ça manque à mon goût de compétences techniques, j’ai l’impression d’avoir fait le tour. C’est un métier où il faut beaucoup se renouveler mais le domaine du business en lui même n’évolue pas vraiment, donc ce n’est pas évident. Avec la pandémie COVID-19 et le confinement en ce moment, je ne vois pas trop d’avenir pour moi à ce poste. Je suis en train de réfléchir à retourner en finance. Je suis très reconnaissant envers ma compagnie de m’avoir laissé cette opportunité, de m’avoir laissé me développer. Maintenant je pense que la richesse de l’aspect technique commence à me manquer. Le métier de l’humain c’est plus imprévisible, tu n’as pas de certitude que ça va marcher même si tu penses avoir choisi le candidat parfait pour le poste. C’est un réel plaisir de suivre les candidats placés, d’en connaître plus sur leur prise de poste, sur comment ils se sentent.

Notre rôle ne s’arrête pas au placement mais va au-delà en vérifiant que l’intégration se passe bien en les écoutant et en les conseillant.
On ne sauve pas des vies mais c’est une satisfaction de trouver un nouveau départ pour quelqu’un.

Je ne regrette pas du tout ma reconversion et si c’était à refaire je le ferais, parce que ça m’a apporté énormément.
Je ne suis pas la même personne qu’il y a un an. Je ne considère pas nécessairement que c’est une réussite dans le sens où ce n’est pas une reconversion qui me plaît mais ce n’est pas un échec non plus, c’est plutôt un très bel apprentissage.
Où en êtes-vous de votre réflexion ?
Arnaud : Je suis en train de regarder ailleurs pour retourner dans un premier temps en comptabilité/finance et je n’exclue pas d’apprendre le codage car c’est aussi un domaine qu’il m’intéresserait de découvrir. Même le business pourrait m’intéressait à nouveau mais il faudrait que ça soit sur un produit qui me parle, par exemple une solution IT qui nécessiterait une compréhension technique, ça me plairait. Je passe des entrevues en ce moment.
À l’approche de ces entrevues, savez-vous comment vous allez vendre votre dernière expérience ?
Arnaud : Je vais parler très honnêtement de mon expérience, expliquer que ça m’a appris à aller plus de l’avant.
 
J’ai développé des compétences transversales qui pourront me servir.
 
arnaud-citation-bulle
 
Si par exemple demain, à la direction financière d’une autre compagnie je dois aller chercher un emprunt auprès d’une banque, toute la compétence business que j’ai acquise m’aidera à être nettement meilleur pour négocier. Si je dois recruter dans mon équipe ce sera aussi un vrai atout. Et surtout j’ai pu voir ce qui marchait et ce qui ne marchait pas dans les compagnies, au niveau des intégrations. J’ai appris à motiver les gens. Je sais ce que les gens attendent aujourd’hui dans leurs carrières. J’étais surpris de voir à quel point 95% des candidats me répondent que pour eux, le plus important c’est l’environnement de travail. On va au travail pour être bien. Et le salaire passe souvent en deuxième voire troisième. Je pensais être le seul comme ça mais en fait la majorité des gens sont comme ça.
Comment voyez-vous la suite ?
Arnaud : Ma force aujourd’hui ce n’est plus juste la comptabilité, c’est ma capacité à comprendre et améliorer les processus, faire gagner du temps, dématérialiser, comprendre les humains qui travaillent, voir l’ensemble des solutions… L’idéal pour moi maintenant serait de trouver un poste de directeur financier d’une petite compagnie ou bien d’assistant contrôleur d’une grosse compagnie.
Votre expérience de recruteur et de reconverti est précieuse, avez-vous des conseils à donner à des candidats en reconversion ?
Arnaud : À défaut d’une expérience professionnelle à mettre en avant, je dirais qu’il ne faut pas hésiter à parler de sa personnalité, de ses hobbies, d’un projet personnel si cela ne vous dérange pas. Par exemple, j’avais mis en évidence que je faisais de la danse et que je montais sur scène parfois devant 200 personnes et que donc me retrouver en face à face avec un client ou un candidat ne me ferait pas perdre mes moyens.
Pour le côté business, j’avais parlé du fait que j’avais fait un marathon et une compagnie m’avait dit que ça leur avait montré mon côté tenace.
Il faut parler de ses motivations, clairement expliquer le pourquoi. Et surtout créer du lien.
Il n’y a pas assez de candidats qui pensent à créer du lien avec les recruteurs en entrevue, et en agence on leur apprend à créer ce lien en les coachant. Dans le milieu corporatif, votre employeur embauche un humain et il préfère parfois une belle personnalité à de meilleures compétences techniques. Il faut marquer la personne, par exemple en posant des questions au recruteur, pour développer un échange. Je comprends cependant que certaines personnes puissent penser qu’un entretien c’est des questions-réponses et ensuite un oui ou un non pour l’emploi, et en un sens ils n’ont pas tort.
Venez comme vous êtes, améliorez une manière factuelle de vous vendre tout en étant un minimum (ou un maximum) agréable.
 
Ce fût un réel plaisir de découvrir votre parcours. Merci Arnaud, de la part de l’équipe de Mon Job Idéal, pour l’avoir partagé en toute honnêteté avec nous et nos lecteurs. Nous vous souhaitons tout le succès que vous méritez dans la suite de votre carrière, où qu’elle vous mène.
Depuis notre interview, Arnaud a décroché un poste d’assistant contrôleur de gestion dans un groupe en extension, spécialisé en IT. On lui souhaite beaucoup de succès à ce nouveau poste.

 


 

pdf-interview-arnaud
Pour télécharger l'interview en PDF,
vous devez vous connecter / créer votre compte.

 

Articles similaires

Commentaires

Pour voir les commentaires ou pour pouvoir commenter, /
ou
Top