Vers une reconversion professionnelle réussie...

L’évolution du monde du travail : L’automatisation

Devrions-nous nous sentir menacés par la robotisation grandissante des emplois ? Nous continuons nos réflexions sur 4 tendances de l'évolution du monde du travail, en nous penchant aujourd'hui sur l'automatisation.

L’automatisation c’est l’exécution totale ou partielle de tâches techniques par des machines fonctionnant sans intervention humaine. En ce qui concerne les activités les plus contraignantes, les plus épuisantes physiquement, nous nous réjouissons naturellement que les machines puissent remplacer l’homme. On constate cependant que les robots prennent de plus en plus de place dans les environnements industriels mais aussi en dehors. Alors nous nous projetons un peu et essayons de réfléchir à la place qui restera à l’humain dans un monde du travail où les robots pourraient réaliser de plus en plus de tâches.

De plus en plus de robots... des métiers en manutention et logistique particulièrement touchés

Lorsqu’on voit les robots des entrepôts d’Amazon en marche, on ne peut s’empêcher de se demander si les machines ne vont pas finir par complètement remplacer le travailleur ouvrier, dans tous les secteurs.

Amazon a en effet une filiale dédiée à l’automatisation : Amazon Robotics et a largement équipé ses entrepôts de ses robots Kiva.

Les résultats annoncés, en juin, par la Deutsche Bank étant très positifs en terme de gain d’efficacité et de baisse des coûts de fonctionnement pour Amazon, ces derniers vont déployer des robots dans d’avantage d’entrepôts.

La Deutsche Bank estime en effet qu’Amazon pourrait économiser 800 millions de dollars si ces derniers déploient plus de robots Kiva dans leurs 110 entrepôts (centres de réalisation) qui n’en n’ont pas encore (ils ont actuellement équipés seulement 13 de leurs centres de réalisation).

Ces économies sont principalement dues à une efficacité accrue. Les durées d’un cycle de tâches sont passées d’environ 60 / 75 minutes à environ 15 minutes, grâce aux robots. De plus, un gain d’espace de 50% a été constaté dû à une optimisation des lieux, notamment avec des allées plus étroites.

Cela veut dire qu'un robot fait le travail de 4 à 5 personnes affectées au même type de tâches dans un temps similaire. Cela donne une idée des gains de productivité effectués par Amazon en investissant dans la robotisation de ses entrepôts.

Notez bien que le slogan d’Amazon Robotics n’est pas “Nous imaginons le futur !” mais bien “We reimagine now”, c’est à dire “Nous réimaginons le présent”.

En juin également, la chaîne de supermarchés américaine Wallmart a annoncé que d’ici 6 à 9 mois, ils utiliseraient des drônes pour faire leur inventaire, faisant ainsi passer la durée de cette tâche de 1 mois à 1 jour.

Au delà de ces utilisations qui restent relativement confidentielles, dans les secrets des entrepôts, l’automatisation est présente dans notre quotidien. Vous avez tous vus en effet, au supermarché, les caisses enregistreuses automatiques, avec en général, une employée pour gérer 4 caisses et venir en aide aux personnes en difficulté.

Les conséquences sur l’emploi ne sont pas toujours visibles immédiatement même si elles sont bien là. Sur des activités en très forte croissance, telles celle d’Amazon, il n’y a pas eu pour conséquence de licenciements massifs mais il est bien évident que pour ce travail désormais fait par les robots, l’entreprise n’aura pas besoin d’embaucher, demain, autant d’hommes et de femmes.
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L’automatisation s’étend également à des activités à très forte valeur ajoutée

On le voit dans le monde industriel, les robots peuvent permettre de gagner en efficacité et donc productivité. Mais qu’en est-il en dehors des ateliers ou des centres d’expédition ? Aujourd'hui, les robots trouvent aussi leur place dans les salles d'opération. Et dans les hôpitaux, comme dans les centres logistiques, tout n’est bien sûr pas noir dans l’automatisation. Certains considèrent que l’intervention de robots présente même de nombreux avantages dans les secteurs de pointe, notamment dans le domaine de la chirurgie robotique où ils apportent une excellente précision.

Des robots chirurgiens autonomes commencent à voir le jour.

En effet, en mai 2016, aux Etats-Unis, un robot a réussi à suturer deux parties de l’intestin d’un porc (tissus mous) de manière autonome (sous la supervision d’un chirurgien). Ces robots sont dotés d’une intelligence artificielle leur permettant de s’adapter à la situation. Le robot a même surpassé, en terme de qualité, dans cette opération des chirurgiens auxquels on avait attribué la même tâche.



Est-ce à dire que les robots vont complètement remplacer les chirurgiens ?

Certainement pas aujourd’hui. Quand à demain, cela n’est évidemment jamais dit, mais l’on peut tout à fait supposer que pour des questions de coût ou de sécurité si effectivement les robots venaient à surpasser l’homme, les assurances puissent pousser vers cette solution. Mais alors les patients pourraient-ils imaginer avoir la conversation préopératoire avec le robot ?

Imaginez le malaise entre le malade et le robot si le premier pose au second la question “et si c’était pour vous docteur, que feriez-vous ?”.

Quel impact pour ceux qui réfléchissent à leur avenir professionnel ?

Lorsque quelqu’un entame une réflexion sur sa reconversion après avoir perdu son poste (cela ne représente pas la majorité des reconversions mais existe tout de même), l’un des objectifs est bien souvent de trouver un nouveau métier qui assure une forme de sécurité et s’inscrive dans une certaine pérennité. Or les bouleversements vécus dans le monde du travail ces dernières années, et plus encore ceux attendus lors des prochaines années, ne permettent plus de dégager de métiers qui seraient “garantis” et notamment pérennes car garantis sans automatisation.
Même si nous n’allons certainement pas inviter les personnes réfléchissant à leur reconversion à faire “comme si” l’automatisation n’existait pas, il serait excessif de définir l’ensemble de son projet sur une analyse des risques liés à ces évolutions techniques.

S'il est difficile de combattre les robots sur leur terrain, notamment leur capacité à répéter avec constance et sans s'épuiser des taches comme le déplacement de charges, il nous faut retrouver notre valeur dans autre chose que les tâches pouvant être faites par des ordinateurs / machines / robots, par exemple en faisant preuve d’un sens critique, de sensibilité, de créativité...

Comment anticiper ?

De la même manière qu’Isabelle avait identifié que le numérique s’apprêtait à révolutionner son métier d’agent de voyages, il peut être intéressant de procéder à la même analyse pour votre métier actuel au regard des enjeux de l’automatisation. Ou encore de prendre en considération cette réalité d’aujourd’hui ou de demain lorsqu’il s’agit d’évaluer la solidité de votre projet de reconversion.

La peur de l’automatisation et de son impact sur le travail n’est pas nouvelle. Elle s’est simplement accélérée ces dernières années.
Enlever le facteur humain de “l’équation travail” devrait être fait dans un objectif de bénéfice pour l’être humain (ex : lui éviter des tâches dangereuses ou désagréables) et non pour des raisons pécuniaires (plus de rentabilité).

Individuellement nous ne pouvons pas toujours influencer les orientations technologiques prises par le monde économique, mais nous pouvons à notre niveau, rappeler la valeur unique de l'humain en mettant dans notre activité la passion dont jusqu'à preuve du contraire les machines sont dépourvues.

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