Vers une reconversion professionnelle réussie...

Dana,
du recrutement au développement informatique

dana-developpeuse

 

C'est à force de recruter des profils informatiques que Dana a pris conscience que la programmation n'était pas l'apanage des hommes et que ce métier comblerait parfaitement son besoin de raisonnement logique.

Entretien finalisé en novembre 2019
Quelle formation initiale avez-vous suivie ?
Dana : J’ai fait des études en Sciences Économiques, à l’université en Roumanie. À 18 ans je ne savais pas quoi faire. À l’époque, beaucoup de garçons étudiaient l’informatique et les filles faisaient Économie. J’ai fait ma troisième année d’université en Allemagne, avec une bourse. Après cette année, je suis rentrée en Roumanie finir mes études, et une fois finies je suis repartie en Allemagne. Là-bas, mes études faites en Roumanie n’étaient pas reconnues alors j’avais le choix entre soit faire encore 2-3 ans d’études en économie pour avoir un équivalent Allemand, soit recommencer quelque chose à zéro. Et c’est ce que j’ai fait, j’ai choisi la psychologie. J’avais eu l’occasion de découvrir cette discipline pendant mes études et j’avais trouvé ça fascinant. Alors j’ai étudié la psychologie pendant 5 ans en Allemagne, de 22 à 27 ans.
Quel métier avez-vous exercé à la suite de ces études ?
Dana : J’ai trouvé un emploi à l’université, comme assistance en recherche, dans un institut de documentation psychologique. C’était un emploi que j’avais commencé à temps partiel pendant mes études. C’était très calme et ça ne correspondait pas vraiment à ce que je voulais faire. À ce moment là, j’avais déjà envie de faire recruteur, je trouvais que c’était épanouissant, le fait d’aider les gens. Mais on était en 2008 et avec la crise économique je ne réussissais pas à trouver autre chose. Je suis tombée enceinte. À la fin de mon contrat j’étais à mon 7ème mois de grossesse et ils ne l’ont pas renouvelé, et de toute façon je n’étais pas très motivée non plus. J’ai donc pris cette occasion comme un congé maternité et j’ai vécu un moment en France, avec mon partenaire. Lorsque mon fils avait un an, on a eu envie de bouger, de changer de pays. Mon partenaire a trouvé un emploi à Montréal et nous sommes partis. Nous sommes arrivés au Québec le 3 octobre, et le 8 novembre j’avais un boulot. J’ai vraiment eu une bonne étoile. Je suis allé à une foire d’emplois, j’y ai rencontré une femme également roumaine, nous avons discuté. Elle a pris mon CV mais en me disant qu’elle n’avait rien. Finalement une semaine après elle m’a appelé, ils avaient besoin d’une assistante en recrutement et elle me proposait une entrevue.
Ça s’est bien passé et j’ai eu l’emploi. C’était un contrat de 2 mois.

Mon travail consistait à faire des appels de pre-screening, c’est à dire appeler des personnes qui avaient postulé à une offre et vérifier avec eux leurs compétences et leur parcours en leur posant une première liste de questions, et j’appelais également les personnes qu’ils nous avaient données en référence. On recrutait essentiellement des vendeurs ou des gens pour des centres d’appels. J’avais envie de faire du recrutement dans l’informatique. C’était plus concret comme compétences, moins flou. Tu sais programmer ou tu ne sais pas. J’avais pas mal de relations dans l’IT, mais c’était toujours des hommes..

J’avais toujours vu ce domaine comme étant un truc d’hommes, dont je ne me sentais pas capable. Je m’étais mise une barrière psychologique.

Le contrat s’est terminé au bout des 2 mois comme prévu. Mais ça m’avait permis de rentrer sur le marché, de me faire ma première expérience québécoise et j'ai ensuite pû enchaîner plusieurs contrats, de 5 mois à plusieurs années. Pendant cette période, j'ai progressivement migré vers le recrutement de profils informatiques. Je faisais enfin les entrevues RH et participais aux entrevues techniques. C’est là où j’ai eu un déclic, grâce à ces entretiens, pendant lesquels les candidats étaient interrogés sur un domaine technique. Je voyais objectivement la qualité des candidats. J’observais la confiance de ceux qui avaient la connaissance. Je trouvais ça super intéressant. C’est pendant ces deux ans que j’ai décidé de changer de voie.

Il y avait plusieurs raisons :
- C’est ce statut d’expert technique que je trouvais intéressant. Pas spécialement ce domaine mais l’idée de présenter ses connaissances.
- J’ai vu un document avec les salaires dans plusieurs domaines et je voyais que le côté technique était 2 fois mieux payé. Je venais de me séparer de mon compagnon et donc ça tombait justement au moment où j’avais besoin de plus d’indépendance financière et de réévaluer ma valeur.
-J’essayais de m’améliorer dans le recrutement, en lisant,… mais je trouvais ça flou puisque c’est des relations avec les gens. Je trouvais ça parfois un peu trop proche de la manipulation et de la vente et ce n’était pas mon truc, ça manquait d’objectivité et de concret. Je ne voyais pas trop de perspectives d’évolution car je ne voulais pas faire des Ressources Humaines, qui aurait été la suite logique après le recrutement. Pour moi, les RH c’était gérer des conflits, connaître la loi du travail, ça ne m’intéressait pas. Le recrutement m’intéressait car il y avait le côté technique, devoir connaître et comprendre les compétences des candidats.
- Je consultais Linkedin et je voyais les suggestions de profils avec lesquels le site me connectait. Je constatais que les recruteurs n’étaient que des femmes, et que tout le domaine de l’IT, les techniciens et les experts, c’était des hommes. Je l’ai vu comme un challenge.
J’avais assez confiance en moi-même pour essayer un truc qui n’avait pas l’air d’être pour moi.
C’était un challenge personnel pour sortir d’une condition qui ne me semblait pas juste.

J’avais assez confiance en moi-même pour essayer un truc qui n’avait pas l’air d’être pour moi.

Toutes ces raisons ont fait émerger l’idée du changement et j’ai décidé d’apprendre la programmation Frontend. Ça semblait accessible et c’est visuel donc on a un feedback immédiat. Ça m’a semblé être un bon endroit pour commencer.
Je me rappelle très bien, le 15 novembre 2015, j’ai ouvert un compte sur codecademy et j’ai pris mon premier cours de HTML.
C’étaient des cours interactifs en ligne avec des explications à lire, puis tu travaillais toi-même, tu vérifiais si ça marchait. Je le voyais un peu comme un jeu. Un système vérifiait que le code que tu avais écrit était bon, et tu pouvais passer à la 2ème leçon et ainsi de suite. Ça faisait un parcours de plusieurs leçons avec le rush de dopamine comme un jeu, pour donner envie de continuer. C’était génial, j’adorais je ne voulais rien faire d’autres. J’y passais plusieurs heures, tous les soirs après le travail, parfois de 18h à minuit. Après j’ai enchaîné sur un cours sur les CSS puis Python.
Le 15 novembre je ne savais pas ce qu’était un tag HTML, fin décembre je résolvais des petits challenges de programmation en Python.

J’ai rejoint un groupe Meetup,
Les Pitonneux, une communauté qui apprend la programmation, pour se retrouver et coder ensemble, les soirs et des fois les week-ends, dans des espaces de coworking. J’ai eu de la chance car le groupe venait de se former en Novembre 2015. C’était principalement des gens qui faisait de la programmation en 2ème carrière, tout type de programmation. On se rencontrait, on discutait. L’organisatrice était une femme et elle voulait encourager les femmes dans ce domaine.


Ensuite j’ai rejoint aussi freecodecamp, une organisation pour apprendre à faire du développement Web. La communauté de Montréal était aussi fondée par une femme. Les évènements avaient lieu les soirs. Je me souviens d’une présentation qu’ils avaient fait sur comment devenir programmeur frontend. Je fais bien la distinction avec le poste d’intégrateur, qui travaille davantage sur l’affichage, le décor, moi ce qui m’intéresse le plus c’est la logique derrière, en javascript.
Pendant toute cette période, entre les cours et exercices en ligne et les différents évènements de ces groupes, j’étais occupée tous les soirs. Et en plus, au travail, pendant la pause de midi je codais en javascript, tout en mangeant.

Dès décembre ou janvier je savais déjà que j’allais faire ce métier. La question était de savoir combien de temps il me faudrait pour avoir un niveau suffisant pour prétendre à un job. J’avais lu que la durée moyenne conseillée était entre 6 mois et un an d’apprentissage. En parallèle j’ai commençais à chercher un autre poste en recrutement de programmeurs pour être plus en contact avec ce milieu. Je voulais un contrat à durée déterminée pour que cela soit clair dès le départ, c’était juste le temps de devenir programmeuse moi même. Par le biais de relations, j’ai trouvé un contrat d’1 an, en Avril 2016. C’était parfait, ça me laissait juste le temps. Je commençais à dire doucement autour de moi que la programmation m’intéressait. J’adorais aller aux entrevues techniques.
Puis il y a eu une restructuration dans cette compagnie, ils n’avaient plus besoin de recruteurs ; il y a eu une période d’incertitude et en Juillet ils m’ont annoncé mon licenciement. Ils étaient embêtés mais moi, j’étais loin d’être triste. Ils n’avaient sans doute jamais viré quelqu’un d’aussi content que moi. J’ai eu la chance de toucher le chômage. Je me sentais libre. Par contre je ne me sentais pas encore prête pour être programmeur. Mais j’avais d’un coup toutes mes journées pour apprendre. J’ai alors travaillé 8 heures par jour, j’ai fait un cours en ligne d’introduction à l’informatique offert par le MIT, en Python.

J’ai commencé à travailler sur mon propre site, pour me présenter. Je l’ai fait en partant de rien, et en utilisant la technologie React. Je faisais des journées de plus de 12h par jour parfois.

Je travaillais toute la journée, de 8h à 17h, puis j’allais chercher mon fils à la garderie, je m’occupais de lui, je le mettais au lit à 21h et je retravaillais jusqu’à minuit.

Je n’avais même pas envie d’aller me coucher tellement je voulais avancer sur mon site. En journée je travaillais depuis des terrasses de café. J’étais comme ça en mode apprentissage temps-plein pendant 2 mois, Août et Septembre, jusqu’à me sentir à l’aise à commencer à postuler. J’ai mis mon CV sur Indeed.
Début novembre une compagnie m’écrit directement pour me dire qu’ils ont vu mon CV, qu’ils cherchent un junior, et me propose de venir les voir. C’est la seule entrevue que j’ai faite. Ils avaient vus mon site et aimé la qualité de mon code. Ils m’ont dit qu’ils voyaient que j’étais à jour sur les nouvelles techniques. À ce stade, même s’ils ne m’avaient pas prise, leur feedback était déjà super pour moi. Ils m’ont appelé après une semaine et m’ont proposé de m’embaucher.

Le 15 novembre 2015 j’ai ouvert mon compte codecademy
et le 15 novembre 2016 j’ai eu mon premier emploi en tant que programmeuse Frontend.

Le salaire proposé était dans la limite inférieure de ce que j’espérais recevoir. C’était au niveau de mon chômage (c’est à dire environs 70% de mon salaire d’avant) mais j’étais contente et ils m’ont promis une augmentation au bout de 6 mois et une autre au bout d’un an. Par la suite ils m’ont expliqué que lorsqu’ils avaient vu mon CV, mon parcours leur avait semblé tellement bizarre qu’ils se sont dit « il faut qu’on la rencontre pour voir quel genre de personnes fait ce genre de changement ».
Pour ces domaines dans lesquels il est important d’être curieux et passionné, un tel virage professionnel montre justement la curiosité et la passion. Et en plus, en voyant mon code, ils ont eu une bonne idée de ce dont j’étais capable en quelques mois d’apprentissage par moi même. Ils cherchaient justement quelqu’un de curieux, qui pouvait apprendre vite et qui n’avait pas de grosses exigences salariales. Quand on change de carrière, il faut accepter une baisse de salaire, on n’a pas le choix.
Ils m’ont encouragée. Ils ne m’ont pas trop aidée à apprendre, j’ai du continuer mon apprentissage toute seule car j’étais la seule Frontend dans l’équipe donc personne ne pouvait vraiment me guider. Tant que ça marchait ils me faisaient confiance. Le projet était intéressant et je bâtissais sur un code existant très bien fait donc en étudiant la construction de l’existant, j’apprenais.
Après 6 mois ils m’ont augmenté comme prévu. Ils m’ont dit qu’ils n’étaient pas déçus du potentiel qu’ils avaient vu en moi, j’ai eu de supers retours lors de mon évaluation. Pour moi c’était génial, absolument splendide. J’ai appris des nouveaux frameworks (Ember, D3,…).
Ils ont même voulu me payer une formation, qui n’a finalement pas eu lieu car la formation n’avait pas assez de participants donc j’ai décidé d’apprendre toute seule. Ils m’ont acheté des cours en ligne sur Udemy. Le salaire était bas, mais en général, ils m’accordaient au moins 1 journée par semaine pour apprendre. À une période où il n’y avait pas de projet en cours pour moi, ils m’ont même laissée me former à Java pendant 3 semaines, 8h par jour. Ils m’ont confié de grandes responsabilités sur des projets où j’étais seule. J’ai souvent entendu « Ah, tu as déjà fini ? ». C’est tellement génial d’entendre ça. Ensuite ils m’ont mis sur un projet dans une équipe qui suivait la méthodologie Agile, avec des sprints, des standup meeting… C’était intéressant de bien découvrir le travail en équipe. Malheureusement, à cause de difficultés financières de l’entreprise, ils n’ont pas pu m’augmenter comme promis au bout d’un an. J’ai commencé à regarder un peu ailleurs. J’avais envie de travailler sur des choses plus complexes.

J’ai eu un premier contact avec Ubisoft mais cela n’a finalement pas débouché sur une proposition de poste. J’ai aussi répondu à une annonce pour une très petite compagnie qui cherchait quelqu’un en Frontend ayant des compétences en React. J’y suis allée juste pour l’exercice de l’entrevue.
C’était pour travailler avec un senior Frontend, certainement plus jeune que moi, mais senior dans ce sujet. Il m’a fait passer des tests et m’a dit qu’il ne s’attendait pas à ce que je réponde aussi bien. Il m’a confié un exercice à faire chez moi. Ça c’est super bien passé. J’ai alors rencontré le patron qui, après 15 minutes de discussion, m’a fait une offre. Lorsqu’il m’a annoncé la proposition de salaire, j’essayais de ne pas trop sourire mais j’étais vraiment ravie. C’était bien au delà de ce que je pensais. C’était le plus grand salaire que j’avais jamais eu, et cela après seulement un an d’expérience. L’application sur laquelle j’allais travailler s’adresse à des personnes dans des équipes de travail et le fait que je ne sois pas formatée programmeur était un vrai atout. Il m’a aussi embauchée pour cette perspective que j’amenais en ayant déjà été du côté utilisateur, de part mon métier précédent. J’ai donc accepté cette super offre et annoncé ma démission.
Pour la petite anecdote, le lendemain du jour où j’ai annoncé ma démission, la compagnie annonçait sa fermeture définitive pour cause de gros problèmes financiers. J’ai commencé le 15 février 2018. Malheureusement la structuration du travail était un peu chaotique. Le Senior avec lequel je devais travailler et duquel je devais aussi apprendre a malheureusement dû entrer en congé maladie. Cela manquait de structure, les besoins étaient mal définis, très vagues et peu réalistes en terme de délais.
Mais par chance, Ubisoft m’a recontactée pour me proposer un poste et j’y travaille depuis maintenant un peu plus d’un an.

Que vous a apporté votre première expérience professionnelle qui vous sert maintenant ou vous servira par la suite ?
Dana : Mon expérience précédente m’a apporté du professionnalisme, une certaine structure et un respect des règles. Au delà du fait que ça tient à une certaine éthique personnelle, je pense que c’est aussi dû à ce que j’ai appris dans ma carrière en RH, à bien me comporter dans un cadre professionnel, à communiquer.

Je me rappelle que quand j’ai commencé, il y avait des jours où je me disais « mais ils sont fous de me payer pour ça ! Je m’amuse. »

Ce que je fais maintenant correspond bien à ce que j’imaginais avant de faire la reconversion. Je n’ai aucun regret. Je prends toujours autant de plaisir à travailler sur un truc concret qui marche, le plaisir de créer. Quand ça ne marche pas on est malheureux, mais quand ça marche, c’est un feu d’artifices. J’ai parfois envie de crier « Oui ça marche ! » en lançant les bras en l’air. J’aime utiliser mon cerveau pour faire quelque chose qui n’existait pas avant. En plus en frontend on a la chance de voir ce que l’on crée, c’est visuel, ça bouge. C’est super ! Quand je parle avec les gens je leur dis « J’aime mon travail ! » et parfois les gens sont jaloux de ma passion pour mon travail. Je suis passionnée par mon travail. Je ne l’étais pas dans le recrutement.
Je me rappelle que quand j’ai commencé, il y avait des jours où je me disais « mais ils sont fous de me payer pour ça ! Je m’amuse. »
J’aime avoir quelque chose à faire et devoir me concentrer pour trouver une solution pour que ça marche. Il y a tellement de choses à apprendre, ça aussi c’est super. J’ai peur de ne pas trouver le temps mais j’adore le fait d’avoir toujours un autre niveau à atteindre.
Je commence à avoir la sensation que je maîtrise ce que je fais, que j’ai acquis de bonnes connaissances. J’ai des intuitions qui s’installent, l’expérience arrive.

J’ai une histoire intéressante, un truc à raconter, je sors du commun.
Regrettez-vous de ne pas avoir fait ce choix de carrière dès le début ou au contraire, es-tu contente d’être passée par ce cheminement ?
Dana : Un peu des deux.
D’un côté je pense que si j’avais fait ce choix en premier métier je n’aurais peut être pas eu cette même passion. Je l’aurais vu comme un emploi normal. Mais de l’autre côté, j’aurais aussi aimé découvrir la programmation dès le début car je pense que mon cerveau est structuré pour ça, pour cette logique. En tout cas, maintenant je ressens davantage la chance que j’ai eu d’avoir trouvé ce domaine par moi même, avec la maturité et en apprenant à me connaître. Si je l’avais fait dès le début, j’aurais peut être eu des doutes, je me serais demandé si j’aurais dû essayer autre chose, comme la psychologie qui m’intéressait aussi. Mais comme j’ai justement essayé autre chose avant, là je sais à 100% que c’est ma voie.
Je ne regretterais jamais d’avoir étudié la psychologie. Même pour l’informatique, ça m’a appris des trucs pour la méthodologie. Quand j’ai un bug, maintenant j’utilise la méthodologie de la recherche, qui consiste à isoler chaque facteur et à les analyser un à un pour identifier ce qui pose problème. Ça m’aide aussi en Relations humaines. Je ne suis pas juste une Geek. Ça a enrichi ma personnalité.

Ça me fait aussi me sentir spéciale, j’ai une histoire intéressante, un truc à raconter, je sors du commun.
Dans les entrevues lorsque l’on me demande pourquoi on devrait m’embaucher je réponds « Parce que j’ai appris seule, par passion, je suis capable d’apprendre ». Je n’ai pas peur des entrevues, j’en ai suffisamment l’habitude de part mon précédent métier.
Justement, en tant qu’ancienne recruteuse et également en tant que reconvertie vous même, avez-vous des conseils à donner aux personnes qui se reconvertissent, pour mieux se vendre en entrevues ?
Dana : Lorsqu’on vous demande pourquoi vous embaucher vous plutôt qu’un autre, vous pouvez dire que le fait d’avoir fait ce grand pas qui nécessite beaucoup de courage, pour faire cette reconversion, cela montre votre passion et votre motivation. Expliquez que ce vous avez appris dans votre nouveau domaine, vous l’avez appris avec une maturité et une passion que l’on n’a pas à 18 ans. Montrez au recruteur que vous mettez toute votre âme dans cette nouvelle carrière car vous savez que c’est précisément ce que vous voulez faire, et non pas car il fallait bien faire quelque chose.

Les employeurs recherchent des gens qui sont prêts à apprendre et à travailler fort pour cela, surtout pour les postes de junior. Vous, vous aurez en plus l’avantage de la maturité, de savoir vous comporter dans un milieu professionnel, de savoir à qui poser des questions et comment.
Pour moi ça a aussi été important de trouver des gens qui faisait la même chose, à la fois ceux qui avait cette passion d’apprendre la même chose que moi, et aussi ceux qui comme moi étaient dans une dynamique de changement. Cela aide beaucoup pour la motivation, l’encouragement. Je lisais des histoires de gens qui avaient réussi à changer de voie. Ça aide à ne pas se sentir bizarre, ça rassure sur le fait qu’on ne fait pas des choix irresponsables. Selon moi, ça ne montre pas d’instabilité, ça montre juste que tu as le droit de recommencer un truc si c’est quelque chose qui te passionne.

A 18 ans c’est rare de savoir ce qui te convient. À 30 ans tu te connais mieux, tu sais de quoi tu es capable, ce que tu aimes faire, comment tu aimes réfléchir, si tu es plus humain, plus orienté logique, plus abstrait,... Je trouve ça tout à fait naturel de se réorienter et cela devient de plus en plus normal et accepté dans notre société, surtout en Amérique du nord.
Merci beaucoup Dana, de la part de Mon Job Idéal, pour avoir partager avec nous vos différentes expériences professionnelles. Vos conseils sont précieux, aussi bien en tant qu’ancienne recruteuse qu’en tant que “reconvertie”. Nous vous souhaitons de continuer de garder cette belle passion qui vous anime et de continuer d’apprendre chaque jour avec le même entrain.


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