Vers une reconversion professionnelle réussie...

Thomas et Nicolas,
Entrepreneurs & Digital Nomads

Digital Nomads 01

Étudiants en informatique, ils ont choisi des vies d’entrepreneurs et de Digital Nomads(1).

Nicolas et Thomas se sont lancés dans l’aventure de l’entrepreneuriat et travaillent à présent à plein temps sur leur projet d’Application iPhone, et ce depuis Chiang Maï, en Thaïlande. Ils partagent avec nous leur histoire avec un enthousiasme communicatif.

Entretien réalisé le 24 novembre 2015

(1) Digital Nomad : Se dit d’une personne qui travaille dans un domaine numérique depuis n’importe où dans le monde, à condition d’avoir un ordinateur et une connexion internet.

Pour en savoir plus, consultez notre « Point Focus : Qu’est-ce qu’un Digital Nomad ? » sur la droite.


Où étiez-vous il y a un an et que faisiez-vous ?
Thomas : On était étudiants à Paris-Sud, à l’EFREI, une école d’ingénieurs en informatique avec prépa intégrée. Nous sommes cousins et nous étions aussi colocataires.

On avait commencé un projet pour noter nos dépenses en tant que colocataires qui se voulait être une solution pour simplifier la vie de tous les jours, noter les dépenses de courses, les factures,…

Nico a commencé avec un site internet puis une « web app » (application web)...

Nicolas : Oui, c’est vraiment parti d’un besoin qu’on avait tous les deux. On a cherché s’il y avait une application pour répondre à notre besoin, et à l’époque il n’y en avait pas ou en tout cas on n’en a pas trouvé. Il y avait une version d'un américain mais ce n’était pas traduit. On s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire. Donc j’ai commencé à créer un projet avec les technologies que j’avais apprises. Ca nous a été très utile, ça nous a rendu pas mal de services. On voyait aussi que nos amis s’y intéressaient.

On a itéré sur quelques versions, changer de technologie, jusqu’à parvenir à une application IPhone, que l’on a posté sur l’App Store, il y a un an et demi, pour que plusieurs personnes puissent l'utiliser et pas seulement nous.

Après la grande question, c’était "Qu’est-ce qu’on fait après nos études ?" J’ai fini mon cursus cette année, j’ai été diplômé. On avait vraiment envie de continuer ce projet là, de continuer dans l’entreprenariat mais pas de façon très classique.

Digital Nomads

Et maintenant, où êtes vous et que faites-vous ?
Thomas et Nicolas : Nous sommes à Chiang Maï, dans le nord de la Thaïlande.
Thomas : Moi au final je n’ai pas fini le diplôme que j’avais entrepris parce je devais redoubler un semestre et donc reprendre en janvier. Et là je viens de prendre la décision de ne pas rentrer en janvier.

On a de quoi survivre une bonne année avec l’argent qu’on a de côté.

On a décidé d’investir notre temps, notre argent et notre énergie dans notre projet.

Nicolas : L’idée c’est de mettre en pratique ce qu’on a appris, ce qu’on a envie de faire. Plutôt que d’aller chercher un travail dans les voies classiques avec envoi de CV, etc.

Maintenant on continue le développement de notre application, notre projet initié en tant qu’étudiant pour le rendre beaucoup plus professionnel, pour que nos futurs utilisateurs aient confiance dans notre service et puissent l’utiliser tous les jours. On va aussi mettre en place une monétisation pour commencer à gagner de l’argent et à en vivre.

Digital Nomads 03

Thomas : On veut construire un business plan, ouvrir notre outil à l’international, le traduire et si tout se passe bien le développer pour d’autres plateformes dans quelques mois.

On était en Beta sur l’App Store avec quelque chose comme 400 ou 500 utilisateurs, et 2 000 téléchargements.

On avait vraiment deux choix. On avait le choix de rester à Paris en créant une start-up, injecter de l’argent avec le stress qui va avec : s’associer avec des investisseurs, perdre notre indépendance,...

Ou alors, et c’est là qu’on a découvert le Bootstrapping (2), de créer notre Start Up nous-même en y allant beaucoup plus à notre rythme. Le but c’est aussi de monétiser et penser « business » très tôt. Il ne faut pas hésiter à sortir plusieurs versions. C’est la difficulté qu’on a maintenant, on poste cette mise à jour, quitte à la perfectionner par la suite.


(2) Bootstrapping : en finance, le bootstrap est le démarrage d’une activité commerciale sur des fonds propres limités, sans faire appel à des investisseurs extérieurs


Vous venez de nous expliquer comment vous est venue cette idée, mais est-ce que c’était votre première idée ou est-ce que vous en avez eu d’autres qui n’auraient pas forcément été retenues ?
Thomas : Des idées il y en a eu beaucoup. En tout cas moi j’ai pas mal d’idées. J’observe pas mal et je pense à ce que j’observe. Ce qui a fait la différence sur ce projet, c’est que non seulement il répondait à un besoin commun, mais aussi, et c’est là où on se complète pas mal, c’est que Nicolas a commencé à directement répondre à ce besoin en produisant du code.

Après, même une fois cette idée de projet retenue, on a eu beaucoup d’autres décisions à prendre. Je pense notamment à la question du nom, puisqu’on s’est demandés s’il fallait déposer une marque.

Au début ça s’appelait Compteloc (comptecolocation), puis ensuite on a envisagé PayMe, mais quand on a voulu le déposer, on s’est rendu compte que ça existait déjà parce que ça n’était pas du tout original. I y a eu plusieurs étapes jusqu’à ce qu’on pense à DebtR.

Quand tu entreprends, tu essayes de trouver des solutions pour toi mais aussi de répondre à des problèmes que d’autres rencontrent, d’ouvrir le projet. Nous avions une vision de compte personnel, one-to-one. Or ce que devient DebtR finalement, c’est une gestion de comptabilité collaborative.

Combien de temps s’est écoulé à peu près entre le moment où vous avez identifié ce besoin et maintenant ?
Nicolas : Au moins 3 ou 4 ans depuis la toute 1ère version.

Ca peut paraître long mais notre contexte était particulier. On était étudiants, donc c’était plutôt un projet personnel au départ. Ca ne fait qu'1 an et demi qu’on est disponibles au public. Pendant 2 ans et demi ce n’était que pour nous. Donc ça nous a laissé le temps de murir l’idée, de réfléchir à comment la mettre en place. On avait les cours et les examens en parallèle. On ne pouvait pas travailler à 100% dessus dès qu'on avait une idée.

C'est seulement depuis le mois de février qu’on est à 100% sur notre projet.

Thomas : On était tout le temps coupé. Des fois on travaillait à fond dessus pendant 2 ou 3 semaines et puis après plus rien pendant quelques mois.
Nicolas : Ca n’a vraiment pas été continu jusqu’à très récemment.
Thomas : Dans tous les cas un premier projet ça prend du temps. On ne s’improvise pas entrepreneur ou créateur. On met du temps à devenir productif, à bien organiser sa journée, à faire le tri dans ses idées, à choisir ce qu’on veut développer maintenant ou demain.

Le seul truc qui compte vraiment c’est d’être passionné.

Nicolas : Il ne faut pas compter son temps, ne pas hésiter à refaire plusieurs fois la même chose. On a de nombreux exemples sur notre projet où on avait des idées, et à force d’y penser, on a décidé de faire quelque chose de beaucoup plus simple, beaucoup plus général. Et donc on a choisi de supprimer des choses parfois. C’est vraiment le temps qui a permis cette maturité.
Il faut aimer ce processus de faire.
Et pas seulement aimer atteindre le but final.
Vous dites qu’on ne s’improvise pas entrepreneur, pour autant est-ce que vous aviez considéré être salarié ?
Nicolas : Personnellement ça fait très longtemps que je fais des projets à côté, pas forcément dans une optique professionnel, plutôt amateur, mais je n’ai jamais eu la vision de rentrer dans une boîte et de faire la routine « métro, boulot, dodo ».

J’ai testé avec les stages obligatoires en école. C’était sympa mais ça ne m’a pas fait rêver.

Thomas : Pour moi c’est à peu près pareil même si on a des profils très différents.
Au-delà de l’idée initiale, qu’est-ce qui a permis que ce projet aboutisse ?
Thomas : Notre complémentarité.

J’étais moins autodidacte que Nico, au sens où j’étais moins à l’aise dans la technique spontanément. Il m’a vraiment encouragé à mettre les mains dans le cambouis. Ce qui m’a libéré c’est d’installer Photoshop, Sketch, Xcode, … et de vraiment rentrer dedans.

Au bout d’un moment il faut aimer ce processus de faire (penser, conceptualiser, utiliser des logiciels ou autres) et pas seulement aimer atteindre le but final, pas juste apprécier le résultat. Sinon tu vois une montagne et tu ne fais rien parce que tu as l’impression qu’il y a trop de choses à faire. Or la montagne on s’en fiche.

Je pense que tous ceux qui se lancent dans quelque chose réussiront, à condition qu’ils le fassent et qu’ils aillent jusqu’au bout. Il y a beaucoup plus de consommateurs que de producteurs. Donc la question n’est pas de savoir si ton livre, ton application, ton salon de coiffure ou ton restaurant aura du succès. Tu peux toujours choisir la facilité en décidant de payer pour ouvrir un restaurant par exemple mais tu ne te seras pas investi ni passionné, et du coup, d’une certaine façon, tu passeras à côté. Je suis convaincu d’après tout ce que je vois, notamment à Chiang Maï, qu’il suffit de faire et d’aller jusqu’au bout, que ce soit un podcast, une vidéo sur YouTube, un blog ou quoique ce soit d’autre. Je suis convaincu qu’il suffit de faire et d’une manière ou d’une autre ça payera.

Je suis convaincu qu’il suffit de faire et d’une manière ou d’une autre ça payera.
Nicolas : Faire sans brûler les étapes, sans tricher avec d’énormes investissements extérieurs.
Thomas : En plus tu ne prendrais pas autant de plaisir. Il faut aussi s'interroger, se remettre en question, apprendre, d'ailleurs il faut parfois faire des retours en arrière, ce qui ne veut pas dire que le travail était inutile, cela fait partie de l'expérience.

Le fait de devenir Digital Nomad n'a pas seulement été enrichissant d'un point de vue personnel, mais cela l'a aussi été pour notre produit. Quitter Paris, quitter nos familles,… tout ça nous a préparé à certains renoncements.

Et indirectement, ça nous a mis dans un état d’esprit où on a par exemple été capables d'abandonner certaines fonctionnalités de notre outil sur lesquelles on était complètement bloqués, même si on avait bossé jours et nuits pendant des mois dessus.

Ca nous a complètement permis de changer de regard sur le projet. Le but c’est d’avancer.

C’est un peu comme le sport. Si ton seul objectif c’est d’être svelte ou musclé, ça peut donner l’impression que ça va prendre beaucoup de temps, mais si tu aimes courir parce qu’en même temps tu écoutes un audio book ou que tu aimes faire du vélo pour passer du temps dans la nature, alors tu finiras svelte et musclé bien plus facilement. Il y vraiment cette idée de prendre du plaisir à ce que l’on fait.

Il faut bien distinguer le chemin du but.

Sinon je suis sûr qu’une fois la ligne d’arrivée passée, tu es perdu, comme certains entrepreneurs qui dépriment une fois leur boîte vendue.

Nicolas : D’un autre côté on a aussi cette pression de devoir gagner de l’argent avec notre pojet, pour pouvoir s’émanciper et conserver notre style de vie de Digital Nomad.
Thomas : Si on veut continuer on a quand même des objectifs à accomplir. Mais on se stresse souvent pour avoir des choses et une fois qu’on les a, on se dit « OK, c’est tout ? ». Du coup nous on s'est dit "Concentrons nous sur la manière de le faire, et l’objectif sera atteint, que ce soit par DebtR ou grâce aux compétences qu’on aura apprises et qu’on pourra peut-être utiliser sur un autre projet". Même si une certaine pression est carrément bonne, c’est celle qui nous fait nous lever le matin. C’est un bon mix.
Est-ce que c’est un projet que vous auriez pu faire seul ?
Thomas : L’un sans l’autre ? Moi carrément pas. Pas ce projet là.
Nicolas : Techniquement j’aurais pu mais il aurait manqué quelque chose : cet esprit, cette vision à long terme, même cette motivation jour après jour. Les projets c’est mieux à plusieurs. C’est quand même dur de faire un projet tout seul, de motiver d’autres gens qui ne sont pas au même niveau. Sans Thomas, ce serait resté un projet d’étudiant.
En quoi êtes-vous complémentaires ?
Thomas : Je pense que DebtR est vraiment né d’une alchimie entre Nico et moi, d’une complémentarité qu’on a en tant que cousins mais aussi amis. On a des caractères un peu opposés mais qui se complètent beaucoup. Ca se ressent dans le projet. On apporte chacun quelque chose de différent et puis aussi on s’améliore un peu mutuellement. Nico m’a beaucoup encouragé à faire, plutôt que de rester dans la théorie.
Comment est perçue votre expérience par votre entourage ? Quelles ont été les réactions ?
Nicolas : Au-delà de ce projet là, depuis que j’ai 14 ans j’aime programmer. Ce qui veut dire passer du temps sur l’ordinateur au lieu d’être dehors en train de faire du sport, ce qui ne plaisait pas à ma mère.

Ca n’a pas toujours été facile avec elle, puisqu'elle voulait par exemple m’interdire l’accès à l’ordinateur.

Avec ce projet sa vision a évolué. Elle sait que c’est quelque chose qui est professionnel, qui va me permettre j’espère d’en vivre. Elle voit que je suis très épanoui à faire ça. On a rencontré quelques investisseurs au début. Ça lui a permis de voir que d’autres personnes qui étaient dans ce milieu étaient intéressées.

Du coup la vision de mes parents est passée de « Qu’est-ce que vous faîtes ? Pourquoi vous ne vous trouvez pas plutôt un bon stage ? » à « Peut-être que ça va marcher… », donc plutôt à nous motiver qu’à nous demander de rentrer.

Et le fait d’être partis pour le faire, en mode Digital Nomad ?
Nicolas : Ils n’ont pas compris au début. Ensuite on a avancé très rapidement les arguments financiers. On a expliqué qu’à Paris c’était cher. On a regardé dans d’autres régions en France. Mais dans tous les cas on ne peut pas comparer avec la Thaïlande et surtout à Chiang Maï, où on divise les prix par deux, surtout pour le logement.
Thomas : On a 24 ans c’est l’âge de faire cela. Ils le comprennent aussi comme ça. Ca n’a pas été le plus dur parce que ça avait du sens économiquement.

C’était un peu l’émancipation réelle.

Par rapport à l’entourage, globalement, que ce soit ma soeur, les amis, ils ont toujours été supers encourageants et motivants. Je crois que dès que quelqu’un ose faire quelque chose, il a plein de soutien de son entourage. Donc il ne faut pas hésiter à en parler.

Nicolas : Ca aide à fond d’avoir des retours constructifs de ses amis. On en parlait beaucoup et tout le monde s’y est intéressé.
Thomas : Et puis ils sont un peu admiratifs d’une certaine façon, que l’on produise quelque chose.
Avez-vous aussi du faire face à des réactions moins encourageantes ?
Thomas : Peut-être plus du côté de nos parents, c’était plus difficile à vivre pour moi parce que j’avais l’impression qu’ils ne croyaient pas en moi. Ils ne sont pas du tout entrepreneurs, ils ont fait leur carrière. Le plus dur c’était mes parents au début, mais le reste de l’entourage a toujours été là.
Vous parliez de la motivation financière pour venir en Thaïlande mais comment avez-vous découvert le nomadisme digital au départ ?
Nicolas : C’était début août, on était à 100% dans notre projet. On était à la moitié de nos stages.

On s’était débrouillés pour faire nos stages respectifs (stage de 4ème année pour Thomas, stage de fin d’études pour Nicolas) pour DebtR. On s’était inscrits auprès de l’incubateur de notre école et étions arrivés à obtenir le statut « Etudiant Entrepreneur ».

On a commencé à se poser la question : "Qu’est-ce qu’on fait dans 3 mois ?"

Digital Nomads 04

Thomas : Et moi je passais pas mal de temps sur Internet, sur le site Medium notamment. Je suis tombé sur un article de FlyingYak, une communauté de Digital Nomads, intitulé « les 10 meilleurs coworking spaces dans le monde. ». (3) Et puis d’un lien à un autre, je vois « KoHub : Koh Lanta, Thaïlande ».

« Venez et développez votre projet avec vue sur la plage ». Ca coutait 200 ou 250 € par mois. Et sinon ils proposaient pour 600 ou 700 € des packs incluant l’hôtel, la nourriture et l'espace de travail.

C’est à ce moment là qu’on a vu une vidéo de Johnny FD (4) sur les co-hub. Je me rappelle qu'en plus je voyais de l’herbe de blé pour faire des "green juices". Ca me donnait vraiment envie.

Nicolas : On s’est dit qu’on pouvait le faire à condition de le décider.
Thomas : On a creusé. On a découvert tout ça en quelques semaines. Un mois après on avait nos billets pour Chiang Mai pour travailler depuis Punspace.

Chiang Mai parce que c'est la Mecque des Digital Nomads et aussi la Mecque des fruits. Donc pour moi qui suis un régime frugivore, en un voyage, je réalisais deux très grands rêves.

Donc un mois après avoir découvert le nomadisme digital, la décision de partir était prise ?
Nicolas : Voilà, ensuite le temps d’en parler aux parents, d’envoyer le préavis de l’appartement,...
Qu’est-ce que vous diriez à quelqu’un qui commence à regarder mais qui n'ose pas se lancer ?
Thomas : L’objectif c’est d’aller chercher de l’inspiration. Plus il va en avoir, plus ça le nourrira. Il va se reconnaître dans des récits, ça va résonner. On ne trouvera jamais quelqu’un qui est ou qui recherche exactement la même chose que nous. Mais je pense qu’en combinant les récits qu’on trouve notamment sur Internet, on se nourrit et on s’inspire pour son propre projet.

Il faut profiter d’Internet. Il y a Medium qui est un excellent site pour ça où il y a une très grosse communauté. Je regarde aussi beaucoup de gens sur Youtube. Je puise beaucoup d’inspiration et de motivation sur Internet.

Plus on se donne d’inspiration, plus ça crée en nous l’envie de bouger et ça nous nourrit.

J’ai réalisé que je n’avais qu’une vie et que je voulais être heureux.
Ca vous a demandé des sacrifices de partir comme ça ?
Nicolas : Un petit peu matériel. Mais au final ce n’est rien. Alors oui, on a quitté notre appartement très confortable...
Thomas : Ca faisait 5 ans qu’on y était. C’était notre nid, notre lieu de rassemblement pour tous nos potes.
Nicolas : Sinon pas énorme.
Thomas : Au contraire, je dirais, ça a été très facile pour nous. Au final je n’étais pas si heureux que ça à Paris. C’est ce qui m’a le plus motivé à bouger. J’ai réalisé que je n’avais qu’une vie et que je voulais être heureux. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Rester connecté avec l’entourage et la famille ce n’était pas une difficulté. En plus ce n’est qu’à quelques heures d’avion.

Et puis après tout, autant essayer. On aurait pu changer d’avis au bout de 3 mois et du coup j’aurais repris mes études en janvier, terminé mon semestre et fini mon diplôme.

Mais au bout d’une semaine, j’étais décidé à rester même si j’ai eu des coups de blues parce que des fois la famille et les amis manquent.

C’était vraiment un nouveau départ, une façon de vivre ma vie comme je l’entendais, de ne plus être en colocation.

C’est aussi un challenge de ne plus vivre en coloc avec Nico, aussi parce que DebtR est né de cette colocation. Mais de l’autre côté on avait besoin de cette autonomie.

Nicolas : Pareil pour moi, je n’étais pas si bien sur Paris, j’étais dans un rythme très récurrent (sorties, alcool, …) sans forcément profiter de l’endroit où j'étais.

Après ça peut faire peur au début de partir à l’étranger. Par exemple en Thaïlande, tout le monde ne parle pas très bien anglais., on est loin de la culture latine, donc il faut faire attention à ce qu’on dit. Mais à partir du moment où on est ouvert, on a des bons retours et ça se passe bien.

Vous diriez qu’il y avait aussi un challenge au fait de venir à l’étranger, de rajouter de l’inconnu au moment de créer son activité ?
Nicolas : Pas forcément un challenge mais ça fait du bien de ne pas avoir ses habitudes ancrées partout, de ne pas savoir exactement comment la société marche de A à Z.

On critiquait beaucoup la France. Et là au bout de 2 mois, on a aussi réalisé qu’il y avait des choses très bien en France. On était venu 1 mois en Thaïlande il y a 2 ans en tant que touriste et on avait beaucoup aimé la culture, apprécié les gens. Ca nous a encore plus poussés à venir ici.

Thomas : C’est un pays facile pour cette transition, ce n’est pas pour rien que c’est une destination des plus prisées par les Digital Nomads. On savait qu’on ne prenait pas tant de risques que ça. Après vis-à-vis de DebtR, on savait qu’on n’avait pas besoin de grand-chose à part nos ordinateurs et d’être tous les deux. Pour moi le challenge c’était "Est-ce que je me sentirais bien dans cette nouvelle vie ?" Mais puisque je ne me sentais pas très bien à Paris et pourtant on s’en sortait, je me disais que ça ne pouvait pas être pire.

Au final c’est tout le contraire. Je me sens plus créatif et productif depuis que je suis ici.

Digital Nomads 05
Mettre en avant la productivité plutôt que le nombre d’heures passées
Et maintenant quelles sont les prochaines étapes, quels sont vos plans pour votre application ?

Thomas : Alors vis-à-vis de DebtR, à court-terme sortir la V1 (d’ici la fin de l’année), une solution complète pour faire des comptes à plusieurs, donc finir le produit et le peaufiner. Lancer la monétisation, c’est-à-dire faire payer des fonctionnalités.

L’étape deux serait ensuite de se développer à l’international, donc le traduire pour qu’il soit disponible dans le monde entier sur IPhone.

La troisième étape serait d’être disponible sur d’autres plateformes.

C’est un peu la roadmap sur un an. Je ne sais pas encore où on en sera dans un an. Aujourd’hui, c'est ce qui nous paraît imaginable.

Pendant ce temps là on aimerait rester Digital Nomad. On a pris nos billets pour Bali pour fuir la « Burning season de mi-février » (NDLR : période pendant laquelle des terrains agricoles environnants sont brûlés, ce qui provoque une pollution très forte notamment à Chiang Maï), ce qui correspondait bien à nos contraintes de visa.

Je vais passer un mois au Sri Lanka en janvier sans Nico. Ca sera l’occasion d’essayer de continuer à travailler sans être dans le même pays. Parce qu’un jour on pourrait avoir besoin de notre indépendance. D'ailleurs, j’aime beaucoup cette idée de travailler à distance et puis beaucoup de start-up se créent désormais sans bureau.

Nicolas : L’idée c’est de mettre en avant la productivité plutôt que le nombre d’heures passées. On n’est pas là pour faire du temps de présence. L’important c’est que chacun soit heureux là où il est, épanoui à faire ce qu’il fait, libre.
Et donc qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre activité, c’est cette liberté ?
Je n’ai pas mis de réveil depuis des mois.
Nicolas : C’est vrai qu’en créant les projets on n’a pas de patron. On a quand même des objectifs mais il y a cette liberté de concevoir, d’aller où on veut, nos propres horaires
Thomas : Je ne suis pas sur qu’on le réalise assez puisqu’on n’a jamais eu de mauvaise expérience mais au final on est extrêmement libres.

Je n’ai pas mis de réveil depuis des mois.

La plupart de nos amis en stage doivent répondre à des normes, des procédures, assister à des réunions, rendre compte à un patron. Tout ce côté formel qui ne me paraît pas efficace, on y échappe. En plus de cette liberté, il y a la satisfaction de créer.

En plus de cette liberté,
il y a la satisfaction de créer.
Digital Nomads 06
Qu’auriez vous aimer savoir avant de vous lancer (qui vous aurait par exemple évité des erreurs ou permis de gagner du temps) ?
Nicolas : Il y a beaucoup de choses qui auraient pu nous faire gagner du temps mais je ne regrette absolument pas tout ce temps passé à faire des erreurs parce que ça nous a permis d’apprendre. Même si on avait eu un prof ou une présentation pour nous dire « Faites attention à telle ou telle chose » ça n’aurait pas été pareil que de s’y confronter soi-même. Les erreurs qu’on a pu faire font partie du chemin et on en fera sans doute d’autres.
Thomas : Moi à la limite j’aurais aimé commencer tout ça beaucoup plus tôt, donc c’est vrai que je pourrais presque me demander si je n’ai pas perdu trop de temps dans les études. Mais ça fait aussi partie du chemin de ma vie donc je n’ai pas à le regretter.
Au nom de l’équipe de Mon Job Idéal, nous vous remercions pour le temps que vous nous avez consacré, les nombreux conseils que vous avez partagé avec nous, et nous vous souhaitons bien sûr beaucoup de succès dans cette très belle aventure professionnelle ainsi que dans celles qui pourraient suivre.

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