Vers une reconversion professionnelle réussie...

Une reconversion professionnelle à 40 ans…

J’ai 40 ans, est-ce que c’est le bon âge pour se reconvertir ?

Tous ceux qui sont en contact avec des personnes en quête de reconversion ont déjà entendu cette question. Derrière cette référence à l’âge, il y a souvent une inquiétude, celle de briser le rythme qu’on imagine idéal pour une carrière, celle de changer de métier trop tôt ou trop tard.
Mais alors quel est le bon âge pour se reconvertir ? Y a-t-il un âge idéal et si oui quel serait-il ?
Et s’il ne devait pas y avoir d’âge idéal pour se reconvertir, est-ce ce pour autant que les projets de reconversion restent les mêmes quelque soit l’âge ?

Une reconversion ce sont de multiples défis.
Il y a notamment l’enjeu du nouveau métier à apprendre ou à créer. Qu’est-ce que cela veut dire en termes de compétences ? Celles déjà acquises, celles à acquérir ?
Il peut y aussi avoir la question financière. Soit que l’argent soit une motivation à la reconversion soit que le projet de changement d’activité nécessite d’accepter une baisse de revenus, temporaire ou durable, la question des besoins matériels doit nécessairement être posée lors de la définition d’un projet de reconversion.
Même si l’on se limite à ces deux seuls éléments, les situations seront différentes en fonction des tranches d’âge des postulants à la reconversion.

Se reconvertir à 30 ans ou avant

Les études s’allongent et pourtant beaucoup entament des reconversions avant même la trentaine. Mais alors qu’est-ce que cela implique quand on a moins de 5 ans d’expérience professionnelle voire seulement 6 mois de déjà changer de métier ?
Dans certains cas, il y a ce qui s’assimile presque plus à une réorientation. Vous poursuivez un projet jusqu’à la fin de vos études, pour réaliser ensuite très rapidement que le métier ou le secteur d’activité en question n’offre pas du tout dans la pratique ceux à quoi vous avez rêvé. Et dans ce cas, rien ne sert d’attendre puisque très souvent il n’y a pas grand-chose à perdre.
Ca a notamment été le cas de Manon, qui se destinait au monde du cinéma mais qui après un CDD de 6 mois dans le secteur, a démissionné d’un CDI après 6 mois additionnels. La réalité du métier auquel elle s’était préparée ne correspondait pas du tout à ce qu’elle avait pu idéaliser. Pas question à ce moment là de s’accrocher à une carrière qui visiblement ne l’épanouissait pas, et dans ce cas l’action n’a pas tardé à suivre le diagnostic.

L’histoire est un peu différente avec Léa au sens où elle a pratiqué le métier auquel elle s’était formée (graphiste) pendant quelques années, mais c’est bien à 30 ans qu’elle a annoncé son projet de reconversion à son entourage. Le fait de ne pas avoir encore d'engagement financier contraignant ni de responsabilités familiales a rendu sa reprise d'études plus réaliste pour Léa.
Sans trop de surprise, on constate que, la plupart du temps ce sont des reconversions qui ne nécessitent pas d'investissements financiers importants.
Cela est d'autant plus vrai que bien souvent à cet âge les économies sont bien inférieures à ce qu'elles peuvent être 10 ou 20 ans plus tard.

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Changer de métier à 40 ans

A 40 ans on a le sentiment d’avoir déjà réalisé une première carrière et en fonction du contexte et des conditions, on peut souhaiter un changement pour la seconde partie qui s’annonce.

Qu’on ait suivi une première voie choisie par les parents ou simplement qu’on ait exercé pendant plus de 15 ans dans le métier auquel nos études nous avaient prédestiné, c’est généralement une période de la vie où l’on a le sentiment du devoir accompli et l’envie d’être plus à l’écoute de ses rêves.
Sonia nous expliquait qu’après 20 ans en tant qu’éducatrice spécialisée, et face à la surprise exprimée par sa famille, elle se rassurait à l’idée qu’elle avait pleinement mise à profit ses études avant de devenir conteuse.
A cette période de la vie, on sait aussi qu'on peut s'appuyer sur cette première expérience pour faire reconnaître les compétences acquises, qu’elles aient vocation à être utilisées ou non dans le nouveau métier visé.
C’est notamment le cas de Karine, qui après 15 ans en tant que juriste en droit social, a fait le choix de se diriger vers l’immobilier, avec la certitude que ses connaissances juridiques seraient un atout pour sa reconversion.
On sait également avoir encore beaucoup d’énergie à donner et on souhaite tirer le meilleur parti des deux décennies de vie active qui s’annoncent.
Lassé par les lourdeurs administratives liées à son activité, et après 20 ans comme fonctionnaire au Ministère de l’Agriculture, Bernat s’était appuyé sur son investissement associatif pour se reconvertir progressivement dans une SCOP en parallèle d’une activité de conseil.
L’un des défis est qu’en fonction de la situation personnelle des uns et des autres, de lourdes responsabilités familiales et/ou financières peuvent reposer sur les épaules des quadras. C’est parfois ce qui freine la réalisation de leur projet de reconversion.

Changer de carrière après 50 ans

Face à des carrières qui s’allongent, l’envie de changement peut aussi intervenir après 30 ans ou plus de carrière. Les motivations varient. Chez certains c’est l’envie de prendre à nouveau des risques, de quitter un métier dans lequel on est presque trop confortable, d’autres encore anticipent un risque d’être placardisé sur la dernière décennie de leur vie professionnelle ou en tout cas moins reconnu et d’autres bien sûr se retrouvent sur des motivations similaires à celles des plus jeunes qu’eux.
Il n’est pas rare qu’à cet âge la famille ait grandi et laisse ainsi plus de place et de temps à un nouveau défi professionnel. La pression financière peut aussi s’être allégée (que le logement soit financé ou les études des enfants payés) et cela peut ainsi permettre d’appréhender avec plus de sérénité la prise de risque inhérente à tout projet de reconversion.

Dans le cas de Pascal, qui à 50 ans, a arrêté son activité d’agent d’assurances pour reprendre avec son épouse un magasin de bricolage, l’envie de sortir de sa zone de confort, de s’épanouir dans un autre domaine a été déterminante. Dans ce cas précis, il aurait été difficile pour eux de tenter cette aventure professionnelle plus tôt ne serait-ce qu’au regard de l’investissement financier que cela représente. Les économies faites au cours de la première partie de leur vie professionnelle, ainsi que l’expérience acquise au cours de cette conséquente période, ont été déterminantes dans leur capacité à mener à bien ce projet.
A peu près tous les retours des personnes qui se sont reconverties, a fortiori de la part de celles qui en ont profité pour lancer leur activité, nous ont dit à quel point leur projet leur avait demandé de travail et d’engagement. A chacun d’identifier le niveau d’énergie qu’il est prêt à investir dans son projet de reconversion.

Quelle reconversion pour quel âge ?

A chaque période de la vie, il y a donc des points forts à mettre en avant, à chacun de ses moments il y a aussi des zones de vigilance à identifier et à garder sous contrôle de manière à ce que son projet de reconversion ait les meilleures chances de réussir.

Plutôt que de se demander si vous avez le bon âge pour vous reconvertir, vous pouvez vous demander comment adapter votre projet de reconversion à votre niveau d’expérience, votre situation personnelle et financière.

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