Vers une reconversion professionnelle réussie...

Sabine,
la gendarmerie pour faire de la menuiserie

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Un parcours, c’est aussi accepter des détours. Pour réaliser son rêve et débuter dans la vie professionnelle en menuiserie, Sabine a saisi l’opportunité proposée par la gendarmerie nationale en devenant Gendarme Adjoint Volontaire. Grâce à l’expérience acquise dans les casernes de la gendarmerie, elle a pu obtenir un poste de menuisière dans une société d’économie mixte locale de construction.
Entretien réalisé le 10 mai 2016
A quand remonte votre envie de faire de la menuiserie ?
Sabine : Je savais dès la 6ème ce que je voulais faire mais je dirais que depuis toute petite, j’ai toujours voulu travailler dans le bois. Je ne connaissais pas de menuisier, d’ailleurs je n’avais jamais rencontré de menuisier avant mes premiers stages. Il n’y avait personne dans ma famille qui faisait ce type d’activité mais j’allais souvent avec mon père en forêt quand j’étais enfant. J’adorais l’odeur du bois et je crois qu’en fait, j’ai toujours voulu travailler dans ce domaine. Mon grand-père faisait un peu de sculpture sur bois, vraiment comme un loisir, et je crois que c’est ça qui m’a donné envie.
J’adorais l’odeur du bois et je crois qu’en fait, j’ai toujours voulu travailler dans ce domaine.

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Quelle formation avez-vous suivie ?
Sabine : Au collège, dès la 4ème, j’ai pu commencer une forme d’alternance. Une après-midi par semaine, on allait dans un lycée professionnel pour voir les différents métiers. J’ai enchaîné avec une 3ème professionnelle dans un lycée professionnel, où j’ai pu continuer mon exploration de différents métiers manuels. J’ai appris à faire du carrelage, de la maçonnerie, de la peinture, de la menuiserie, tout ça au travers d’un projet de rénovation d’école maternelle que nous avons mené à bout. Les autres métiers me plaisaient aussi mais je suis toujours restée sur la menuiserie.
Ensuite, j’ai prolongé avec un BEP et un Bac Pro en menuiserie. J’ai beaucoup aimé notamment parce qu’on a fabriqué nous-mêmes plein de choses pendant cette formation : un composteur, des tabourets,… J'ai aussi beaucoup fabriqué pendant mes stages.
Ce n’est pas un métier où l’on voit beaucoup de femmes. Combien étiez-vous de filles dans cette formation ?
Sabine : Effectivement, nous n’étions que 2 sur une classe de 35. Il faut vraiment s’accrocher et faire ses preuves. Ça a définitivement été une période difficile parce que le moins que l’on puisse dire c’est que les garçons au lycée n’ont pas été tendres avec moi. Heureusement les professeurs étaient là pour recadrer les plus virulents et me soutenir.
Est-ce qu’ensuite vous avez à nouveau ressenti la difficulté d’être une femme dans un monde du travail masculin ?
Sabine : Oui, par exemple lorsque j’ai cherché du travail, on m’a indiqué à plusieurs occasions ne pas pouvoir donner suite à ma candidature parce que la société n’avait pas de vestiaire pour les femmes, certes ce n'est pas forcément la seule raison... C’est sûr que ce n’est pas toujours facile de faire sa place dans un monde du travail habitué à n’avoir que des hommes dans ces postes. Pour autant, j’encourage toutes les femmes qui souhaitent exercer un métier qui pourrait être jugé a priori comme masculin, à s’accrocher. Il faut suivre son projet.
J’encourage toutes les femmes qui souhaitent exercer un métier qui pourrait être jugé a priori comme masculin, à s’accrocher.
Justement, une fois votre formation terminée, comment s’est passée votre recherche d’emploi ?
Sabine : Lors de mes différents stages il n’y a pas eu de possibilité d’embauche. Malgré mes recherches je ne trouvais pas en menuiserie. Du coup, j’ai bossé un peu, à droite à gauche, comme vendeuse dans des supermarchés, tout en poursuivant mes recherches dans le secteur pour lequel j’étais formée et dans lequel j’avais vraiment envie de travailler.
Et puis après quelques mois, je suis tombée sur une annonce sur le site de Pôle Emploi disant que la gendarmerie cherchait un menuisier pour leur caserne à Strasbourg. J’ai postulé. J’ai été retenue pour passer l’entretien qui s’est conclu positivement.
Pendant mes études, j’avais fait un voyage humanitaire comme volontaire en Afrique et c’est visiblement un point que les recruteurs de la gendarmerie ont apprécié. Ça, ajouté à mes activités extrascolaires et extra-professionnelles, a pu faire la différence.
Quel a été la suite du processus de recrutement ?
Sabine : Après l’entretien, j’ai passé des tests psychotechniques. Les résultats ont été très longs à avoir puisque j’ai attendu plus de 6 mois sans savoir.
Pendant ce temps, je continuais à travailler par ci par là, et aussi à chercher en menuiserie. Et heureusement au bout de 6 mois, j’ai eu les résultats des tests qui étaient positifs et m’ouvraient donc la porte de la visite médicale.
Cette dernière étape franchie, quelques semaines après, je partais en école de gendarmerie à Montluçon pour une durée de 6 semaines. Cette école c’est l’une des écoles de sous-officiers qui prépare aux différents statuts prévus parmi les Gendarmes Adjoints Volontaires. Personnellement, je me préparais à la formation de GAV EP, Gendarme Adjoint Volontaire Emploi Particulier.
Je n’avais jamais pensé à intégrer la gendarmerie avant.
Est-ce que vous aviez déjà considéré la possibilité d’intégrer la gendarmerie avant de voir cette offre ?
Sabine : Pas du tout. Je n’avais jamais pensé à intégrer la gendarmerie avant. Je m’étais déjà intéressée au monde militaire en participant à la semaine de préparation militaire découverte (PMD) mais sans penser ensuite que je pourrais rejoindre le monde militaire puisque très tôt j’avais choisi ma voie avec la menuiserie.

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Que faisiez-vous en tant que Gendarme Adjoint Volontaire – Emploi Particulier ?
Sabine : Je faisais de la menuiserie et de la maintenance des casernes (bureaux, logements, entretien courant,…). Ça m’a plu. J’étais très polyvalente. Mon travail portait sur la menuiserie bien sûr, mais aussi sur les espaces verts, la plomberie, l’électricité, la peinture, du service général...
Les moyens n’étaient pas énormes. Il fallait faire un peu de bricolage, au sens bidouille. En même temps, c’est un métier où il faut savoir se débrouiller. Mais ça se passait super bien avec mes collègues.
L’un des avantages est que j’étais logée gratuitement dans la caserne. La contrepartie dans un poste comme le mien c’est que j’étais tout le temps joignable quand les gendarmes avaient quelque chose à faire réparer. C’était difficile de faire la coupure entre vie professionnelle et vie privée.
En parallèle j’ai passé le concours pour être gendarme. Si je l’avais réussi, je pense que ça m’aurait plu, au bout de 2 ans en tant que sous-officier de gendarmerie, de me spécialiser pour être maître-chien. Au final je ne l’ai pas eu et je suis contente de pouvoir continuer à faire de la menuiserie.
Mais le principe du contrat de GAV c’est que c’est maximum 5 ans (un contrat initial de 2 ans qui peut être renouvelé au maximum pour 3 ans), et donc il fallait que j’anticipe la fin du contrat. sabine-menuisiere-escalier-2
Du coup est-ce que vous êtes partie avant la fin de ce contrat, et si oui comment s’est passée votre recherche ?
Sabine : Au final je n’ai même pas eu à chercher. Une de mes collègues de la gendarmerie a appris, par son réseau, qu’Habitation Moderne cherchait un menuisier.
Du coup, j’ai pu faire passer mon CV. Et le jour même, les Ressources Humaines me rappelaient pour me proposer un entretien. Et ils m’ont fait une proposition pour faire un peu la même chose que ce que je faisais en caserne mais dans des logements plus récents, chez les locataires dans des logements sociaux. J’ai donc démissionné de la gendarmerie un peu avant la fin du contrat de 5 ans, ce qui était possible, et d’ailleurs parce que j’avais un CDI, j’étais libérable tout de suite.

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Qu'est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?
Sabine : J’aime ce que je fais, déjà, à savoir de la maintenance en menuiserie dans les logements sociaux gérés par cette société d’économie mixte. Et aussi, j’aime la diversité de mes activités. Je tourne sur 4 secteurs différents. Pour l’instant, chaque semaine je suis sur un nouveau secteur. Or sur chacun de ces secteurs, il y a des configurations différentes, donc j’apprends beaucoup de nouvelles choses.
Est-ce que vous pensez que vous auriez pu accéder au poste que vous avez aujourd’hui sans votre passage par la gendarmerie ?
Sabine : Franchement je ne sais pas.
Non seulement j’ai entendu parler de mon poste actuel par une de mes collègues à la gendarmerie, mais en plus, un des chefs de mon service aujourd’hui est un ancien militaire. Il a apprécié mon expérience à la gendarmerie qui était finalement très proche de ce que je fais aujourd’hui. Donc sans doute que ça a été un passage déterminant pour avoir mon poste actuel.
L’équipe de Mon Job Idéal vous remercie d’avoir partagé avec nous votre parcours. Nous sommes convaincues qu’il saura inspirer celles et ceux qui cherchent le contexte dans lequel exercer le métier qui leur plaît.


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