Vers une reconversion professionnelle réussie...

Ubérisation, « Googlecarisation »,… Quel impact sur la reconversion ?

Cela fait déjà un moment que j’avais envie de vous parler de l’ubérisation de l’économie et de ses conséquences sur le monde du travail.

Déjà qu’entend-on par ubérisation ?

uberLe terme provient de l'entreprise Uber qui a généralisé à l'échelle planétaire un service de voiture de tourisme avec chauffeur entrant directement en concurrence avec les taxis.

L’approche libérale y voit un phénomène qui consiste à utiliser des services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact direct, de manière quasi-instantanée, grâce à l'utilisation des nouvelles technologies.

L’approche sociale se désole de la précarisation des ces nouveaux professionnels et craint pour ces travailleurs, obligés d’adopter un statut d’indépendant puisqu’ils n’ont pas de contrat de travail avec la plateforme numérique sur laquelle il trouve les missions à effectuer.

Et la semaine dernière j’ai entendu deux nouvelles qui représentent pour moi la parfaite occasion d’aborder ce sujet.

D’un côté, l’URSSAF attaque le géant Uber pour faire requalifier ses chauffeurs, en travailleurs salariés. L’URSSAF justifie sa requête par le lien de subordination qu’il voit entre les chauffeurs et la plateforme. C’est Uber qui recrute les chauffeurs, qui les forme et qui, ensuite, via sa plateforme numérique, leur donne du travail. A ce titre l’URSSAF rejette l’idée que les chauffeurs en question disposent de la liberté qui est normalement le corollaire du travailleur indépendant. Y voyant plutôt un lien de subordination qui est l’un des trois éléments caractéristiques du contrat de travail avec la fourniture d’un travail et la contrepartie de celui-ci, la rémunération. L’enjeu c’est le paiement par Uber des cotisations sociales dues par une entreprise. Uber argumente de son côté que son métier, c’est de la mise en relation.

Deux actions sont en cours, l’une auprès du Tribunal des affaires de sécurité sociale, l’autre au pénal, auprès du procureur de la République de Paris. Mais d’ici à ce que la justice se prononce, les enjeux pourraient avoir encore évolué.

En effet, au-delà de cette information, un autre événement, non moins intéressant, a attiré mon attention : la même société Uber a dévoilé une photo d’une voiture sans chauffeur, actuellement en test à Pittsburg aux Etats-Unis.
Cette voiture test fait immédiatement penser à la « Google car », sur le modèle duquel elle a été développée. La « Google car » c’est cette voiture autonome, dite aussi voiture sans conducteur, développée et testée par Google, dont Uber avait d’ailleurs pré-commandé 2 500 modèles. Salim Ismail, entrepreneur et conférencier spécialisé dans la prospective technologique, évoquait déjà cette évolution, dans une courte vidéo en anglais, diffusée en septembre 2014. Voiture, qui toujours d’après Salim Ismail, pourrait faire partie de notre quotidien très rapidement et qui est déjà autorisée sur les routes de plusieurs états américains.

Quel rapport avec la reconversion me direz-vous ?

Le rapport c’est que le monde change et qu’il change même de plus en plus vite.

Face à ce changement, on peut agir comme l’URSSAF, et essayer de continuer à appliquer d’anciens modèles à des nouveaux phénomènes économiques. Dans le cas de l’URSSAF, cela pourrait au mieux retarder Uber, mais l’on comprend vite qu’une fois qu’Uber fonctionnera avec des voitures sans chauffeur, alors les combats juridiques comme ceux entamés par l’URSSAF pourraient être vains.

Ou alors on peut prendre acte de ces évolutions, s’y préparer, voire essayer de les anticiper, et identifier les nouvelles opportunités que cela peut représenter pour chacun d’entre nous.
uber-versus-taxiParce qu’au-delà des chauffeurs de taxi, ce sont bien d’autres fonctions qui pourraient se trouver bousculées par la révolution que représenteraient les voitures autonomes. Quand on pense que plus de 90% des accidents de voiture sont dus à des erreurs humaines, on peut s’interroger sur l’avenir du métier d’assureur au moins pour la partie de leur activité couvrant les contrats automobiles.
D’ailleurs Uber n’est que l’un des nombreux représentants de cette nouvelle économie qui bouleverse les schémas établis. AirBnB défie le monde de l’hôtellerie d’une manière très proche de ce que fait Uber avec les taxis. Chaque secteur d’activité est susceptible d’être bousculé ainsi.

Dans un monde qui évolue à ce point, il me paraît plus que jamais pertinent d’écouter ses aspirations au changement, d’oser prendre des risques, tout cela en prenant en compte ses passions ou au moins ses centres d’intérêts. Parce que finalement, face à une économie qui bouge sans cesse, chercher la sécurité est sans doute vain, alors peut-être pouvons-nous faire le pari que prendre du plaisir dans son travail offre plus de chances de réussir ? Et même si rien n’est garanti alors au moins la satisfaction d’être épanoui dans ce que l’on fait l’emporte sur le stress potentiellement généré par tous ces changements. Et puis surtout il y a le bonheur d’être acteur de sa carrière, d’être maître de ses choix, et de ne pas simplement subir les évolutions technologiques ou économiques.

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